“Linked Data“, ce sont des données mises ensemble, mises en commun; alors quand on y pense, il est troublant de constater que les états, entités représentatives de communautés de personnes, garants d’un certain “vivre ensemble”, soient pour l’instant complètement absents de cette réflexion. Il s’agit non seulement de rendre publiques des données qui ne l’étaient pas, mais également de rendre publiques ces données dans des formats interopérables. Il s’agit d’ajouter des bulles de données publiques au “Linked Data Cloud“, car il me semble que les données de ce nuage viennent principalement :
- de la communauté scientifique (Uniprot etc.)
- de sites de réseaux sociaux (flickr ou autre myspace wrapper, et dbpedia rentrerait également dans cette catégorie)
- d’initiatives isolées (geonames ou lingvoj)
- d’acteurs privés (open calais ou virtuoso)
Les états disposent de beaucoup de données intéressantes qui ne peuvent que gagner à être publiées : transports, administrations, lois, recensement, élections, économie, télévisions et radios publiques, etc. (la crise actuelle, résultat entre autre d’un manque de transparence des marchés financiers, ne pourrait que bénéficier également d’une mise à disposition des informations sur les transactions financières, comme l’avait souligné Christian Fauré). Cela repose la question d’une politique publique volontaire en matière de nouvelles technologies.
Les lignes commencent cependant à bouger :
- L’administration Obama aux Etats-Unis a lancé data.gov, mise à disposition de données fédérales et d’outils permettant de les exploiter;
- Le gouvernement britannique avait lancé l’année dernière showusabetterway.com, un concours d’idées sur l’utilisation innovante des données publiques;
- Tim Berners Lee a récemment été approché par le même gouvernement britannique sur la question de la mise en ligne sur le web des données gouvernementales;
- L’Europe promeut la publication et réutilisation des données publiques (PSI : Public Sector Information) par ses états membres; (on notera d’un oeil plus ou moins amusé qu’elle le fait “for new services and products” et pas du tout “for european citizens” par exemple);
- Et en France ? une annonce au début du mois de juin par la maintenant-ex-secrétaire-d’état-à-l’économie-numérique Nathalie Kosciusko-Morizet d’une enveloppe de 20 millions d’euros consacrée “aux services mobiles et à l’accès aux données publiques”.
La mise à disposition de ces données pose bien sûr beaucoup de questions, de sécurité, d’infrastructure, d’interopérabilité, ou plus simplement de guerres de clocher entre services de l’état. Elle ne peut cependant que bénéficier à l’usager ou au citoyen – tout autant d’ailleurs qu’au secteur privé, quand on sait que le marché des données publiques européennes avait été estimé à 27 milliards d’euros par la commission. C’est pourquoi les usagers, citoyens et entreprises vont réclamer à l’état l’ouverture de ses données (“Raw Data Now”, comme le scande TBL dans son speech TED), tant cela semble une étape normale dans l’évolution du web.
juillet 4, 2009 à 12:09 |
[...] web of (public) data (quelques références supplémentaires après le précédent billet sur la question) This, 2009, is the year for putting government data [...]