Tableau noir et plume sergent-major

En cherchant « leçons de choses » sur Google ce matin, j’ai eu d’abord la satisfaction de voir notre blog figurer en bonne place. En tête des résultats, la critique d’un livre (Au temps des leçons de choses) qui semble savoureux et plein de nostalgie si en croit la critique.  Nostalgie que partageront ceux qui comme moi ont passé leur petite enfance dans une école de campagne des années 1950, avec un père qui se métamorphosait chaque matin en maître d’école en franchissant la simple porte qui séparait la maison de la salle de classe, pour y allumer le poêle, distribuer les cahiers et remplir les encriers.
Cet univers, vous en retrouverez un peu si vous passez à Mondeca, où les murs sont ornés de ces merveilleuses planches d’histoire naturelle comme « Le thé« , « Le sucre« , « Le vin » qui servaient de support aux dites leçons.
Un peu plus loin dans les résultats de la même recherche, on trouve ce document  écrit par un inspecteur primaire rural de ces temps reculés du début du siècle dernier, où le politiquement correct n’avait pas été inventé. L’inspecteur était encore primaire comme l’école du même nom, la Loire était inférieure à Nantes, les Alpes basses à Digne, et les malentendants étaient sourds.

Quelques extraits de ce texte qui mérite qu’on le déguste dans le détail. Au-delà de la forme qui prête maintenant à sourire, il y a là du grain toujours bon à moudre …

Pour être fructueux, [l’enseignement scientifique] ne doit pas être un enseignement de mots, mais un enseignement de choses et de faits. On ne peut, par exemple, étudier sur un manuel la description d’une charrue que les enfants n’ont pas vue ; il faudra les conduire devant la charrue et la leur faire observer.

Toute leçon de sciences doit avoir pour base l’observation d’une expérience, d’un objet ou, à défaut d’objet, de gravures le représentant.

Le maître se gardera de suivre servilement le livre ; il peut s’en servir en l’adaptant à son enseignement, mais ce n’est pas l’enseignement qui doit être soumis au livre. On peut dire du livre ce qu’Alexandre Dumas disait de l’argent: « C’est un bon serviteur et un mauvais maître ».

Ces leçons ne pouvant se faire sans les choses, on est amené à constituer un musée scolaire. Les enfants doivent y collaborer : chacun y apportera telle « chose » dont il dispose et pouvant enrichir la collection. Le maître doit songer d’avance à se procurer les objets nécessaires pour ses leçons futures, afin qu’il puisse en disposer au moment voulu.

Le musée ne doit pas être de parade, dont les objets seraient comme sacrés et ne sortiraient jamais de leur belle vitrine. Les objets collectionnés seront mis entre les mains des élèves, car la leçon de choses sans les choses est un contresens.

Les échantillons du musée scolaire doivent être classés. Exemple Produits alimentaires – Industries diverses – Matériaux de construction – Chauffage et éclairage – Botanique – Zoologie.

L’observation, au cours d’une leçon de choses, doit être conduite avec ordre et méthode. Exemple : l’encrier. l’objet est observé successivement dans son volume, son poids, sa forme, sa capacité. De même, dans chaque leçon, le maître doit grouper en catégories les faits à observer.

Enfin, dans le même ordre d’idées, on lira aussi avec plaisir ce livre

Leçons de Choses

Un commentaire pour Tableau noir et plume sergent-major

  1. Construction Nantes…

    Votre article : Tableau noir et plume sergent-major  » Leçons de Choses est retenu et publié sur notre compte Twitter….

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