Web et Philosophie : colloque samedi 16 octobre

Amis du web (sémantique) et de la philosophie, ce samedi aura lieu PhiloWeb 2010, le « premier symposium international du web et de la philosophie », à Paris; derrière ce titre un tantinet pompeux se cache un univers de réflexion extrêmement intéressant, qui explore l’articulation entre ces deux univers que l’on jugerait trop facilement disjoints; comment la philosophie peut-elle éduquer notre regard sur le web ? comment le web modifie-t-il les pratiques philosophiques ? Si vous aimez comme moi nourrir une activité technique, d’ingénierie, avec des réflexions de fond, ou appuyer une réflexion de fond sur l’actualité de la technique, ce colloque est fait pour vous.Des vidéos d’interview sont déjà disponibles. Je vous en conseille deux :

Celle de Fabien Gandon, très bonne vidéo d’introduction, qui pose les bonnes questions : comment un réseau mondial peut-il échapper à une réflexion sur le monde ? comment un outil qui modifie tant nos pratiques peut-il se passer d’une réflexion éthique ? comment les concepts classiques de la philosophie se trouvent modifiés par ce système ?

Celle de Manuel Zacklad, que je trouve très rafraichissante. Pourquoi « rafraichissante » ? parce qu’il nous rappelle que la notion de « référence » (non-ambigüe), et celle d’une modélisation formelle du monde, ne marchent bien que dans le contexte de systèmes techniques (c’est-à-dire produits par l’homme) ou administratifs (produits par l’homme encore une fois, et ayant une légitimité pour forger des références), mais que dès lors que l’on s’écarte de cela – et qu’on cherche à modéliser « the real world », le monde réel – cette notion de référence unique ne marche plus. Il n’y a qu’à voir comment la taxonomie des êtres vivants est sans arrêt bouleversée, ou comment le consensus autour d’une notion telle qu’un lieu géographique est difficile.

Sa conception – si je la comprends bien – repose plus sur :

  • une approche pragmatique (c’est-à-dire une logique qui s’appuie sur une délibération entre les acteurs);
  • une approche multi points de vue sur les mêmes objets (c’est ce que nous faisons à Mondeca avec les taxonomies de navigation);
  • une approche socio-sémantique, qui remet l’utilisateur au centre, (versus une approche centrée sur la machine);
  • une sémantique non pas « référentielle », mais « portée par des pratiques sociales »;
  • une ré-appropriation par les sciences humaines de cette problématique du web un peu « confisquée » par les ingénieurs;

Bref, un éclairage intéressant sur l’approche dominante du web sémantique aujourd’hui. Et je ne dis pas ça parce que j’ai fait un stage dans son labo🙂

Et vous, qu’en pensez-vous ? serez-vous là samedi ?

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :